Utilisation des médicaments pour le traitement de maladies cardiovasculaires chroniques, du diabète et de maladies psychiatriques pendant l’épidémie COVID-19

Le suivi quotidien de l’expansion de la pandémie et de l’efficacité de la lutte a permis d’évaluer en temps réel ses conséquences directes sur la santé. Les premières vagues sanitaires ayant touchées le monde entier, il est ici question d’évaluer l’impact de l’épidémie COVID-19 sur la prise en charge pharmacologique et le suivi de maladies cardiovasculaires chroniques, du diabète et de maladies psychiatriques.

Depuis janvier 2020, la pandémie de COVID-19 a entraîné à l’échelle mondiale des actions, des mesures réglementaires et des changements de mode de vie sans précédent Tous ont été dictés par la nécessité de faire face aux vagues pandémiques successives au fur et à mesure qu’elles frappent les populations, les pays et les systèmes de santé et d’en limiter au maximum l’impact sur la santé publique et les sociétés. L’infection par le coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS-CoV-2) est apparue pour la première fois en Chine à la fin de l’année 2019. Son expansion a donné lieu à une pandémie qui a entraîné plus de six millions de décès dans le monde et à l’infection de 29 millions de personnes en France, dont 149 000 étaient décédées de l’infection au 1er juin 2022.

Le suivi quotidien de l’expansion de la pandémie et de l’efficacité de la lutte a permis d’évaluer en temps réel ses conséquences directes sur la santé. La principale crainte concernant les maladies non covidiennes est liée aux interruptions ou aux retards dans les soins et à leurs conséquences sur la santé des patients. Pour s’assurer que leur système de santé serait capable d’admettre et de traiter les patients atteints de COVID sévères, de nombreux pays, régions ou hôpitaux ont décidé de suspendre temporairement toutes les activités chirurgicales prévues, sauf en cas de danger immédiat pour la vie, et ont pris des décisions similaires pour toutes les activités médicales non chirurgicales de l’hôpital. L’accès à des soins spécialisés ou avancés est ainsi devenu extrêmement difficile ou retardé dans des systèmes de santé où il n’est déjà pas rare de devoir attendre des mois pour planifier un rendez-vous. Les organisations ont réagi pour limiter les conséquences de ces mesures nécessaires, en accélérant et en facilitant le développement de la télémédecine et en facilitant l’extension de la délivrance des médicaments. Même si ces procédures exceptionnelles ont pu favoriser la continuité des traitements, il est possible qu’elles n’aient pas pu compenser entièrement les modifications drastiques de l’accès aux soins que la gestion de la pandémie a générées.

L’optimisation et la continuité du traitement sont de la plus haute importance dans les maladies non transmissibles. L’absence d’adhésion à un traitement de quelques jours seulement peut entraîner des complications aiguës et potentiellement mortelles pour certains médicaments cardiovasculaires ou antidiabétiques, tandis qu’un retard dans l’initiation, l’optimisation ou l’intensification du traitement expose à une accélération de l’aggravation de la maladie.

Par conséquent, et avant d’estimer les conséquences sanitaires potentiellement associées, nous avons cherché à évaluer l’effet de la pandémie de COVID-19 sur l’utilisation des médicaments indiqués dans la prévention cardiovasculaire et le diabète sucré, ainsi que ceux indiqués dans la prise en charge des troubles psychiatriques en France.


Valorisation de la recherche

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